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mardi 18 décembre 2007

We Own the Night

James Gray nous livre un film majeur. Joaquin Phoenix toujours saisissant. Un bon film
à suivre...
Article StudioMagazine

lundi 10 décembre 2007

Le dernier "affranchi" ?

« American Gangster », de Ridley Scott, avec Denzel Washington et Russel Crowe.
Un affranchi sur le tard.
Tout dans ce film est maîtrisé, dans la lignée directe des « Affranchis » ou encore « Scarface », mais il n’atteint jamais leur puissance cinématographique. Sûrement parce que justement ces films l’ont précédé. Ridley Scott nous livre une très bonne copie du film de mafia et Denzel Washington et Russel Crowe y sont excellents.
American Gangster c’est l’histoire vraie de Franck Lucas, le parrain « noir » de Harlem qui connu gloire et déchéance, mais c’est aussi le portrait d’une police newyorkaise corrompue par la drogue où la « justice » n’a plus vraiment de sens.
À travers ce film, Scott questionne aussi les USA pendant la guerre du Vietnam, il met en évidence les liens directs qu’entretenait l’armée et la mafia, où comment le Vietnam a alimenté les caisses noires de plusieurs individus haut placé à New York.
C’est aussi la mise en question d’une morale américaine étrange où quand un flic rende l’intégralité d’une valise de dollars il passe pour un menteur et un traître aux yeux de ses confrères, parce que la norme c’est « de se servir ». Le flic joué par Russel Crowe se retrouve seul contre tous, encore une figure emblématique du « self made man ».
Finalement ce film dresse le portrait d’une société américaine gangrenée et pourrie, l’Amérique du Vietnam où seul un grand lessivage pourrait permettre de quitter le « bourbier».

jeudi 15 novembre 2007

Eastern Promises

« Les Promesses de l’ombre » de David Cronenberg, avec Viggo Mortensen, Vincent Cassel, Naomi Watts…, vu à l’Utopia bordelais le 13 Novembre 2007 à 18h30.

Mafieux à souhait, ces affranchis percutent et dérangent. Cronenberg poursuit sa réflexion sur la violence en installant sa caméra où sa présence oppresse. La mafia russe implantée à Londres, ses pontes sont traqués, tout les sens sont en éveil, la violence peut surgir à tout moment, elle apparaît chez « les gens ordinaires ». Une fille meurt, un enfant né.

Peu de lieus, peu d’acteurs, on est au plus prés des personnages, à fleur de peau, ils respirent la tension, la dureté, un peu d’humanité semble vouloir jaillir. La violence est brute, réaliste, sans tabous. Le film happe, nous emporte dans le vice humain, déroulant magistralement les évènements, non sans rappeler les films scorsesiens.

Mortensen est minéral, impassible, troublant de réalisme, sa voix est calme, profonde et graniteuse. Métamorphosé dans ce personnage de chauffeur expéditif, il tient un grand rôle qu’il joue avec beaucoup de modestie. Naomi Watts vient ébranler ce roc. Sensible, humaine, ce grain de sable fait trembler la mafia. Dépassée par cette puissance terrifiante, elle compose tout en finesse un rôle de femme courageuse, motivée par la survie de l’enfant, elle voie en lui son avenir et la vie, mais représente un danger pour ces hommes « d’un autre monde ». Autre bonne composition, Vincent Cassel qui démontre une fois de plus son talent d’acteur. Ecorché vif, fils du « parrain », fou et ivrogne, il est imprévisible et surprend jusqu’au bout.

N’évitant pas les longueurs du film mafieux, certains pourront nuancer sa réussite, mais il restera un grand film dénonçant une violence toujours fatale et trop présente. Réaliste, sans excès, elle oppresse d’autant plus, et ridiculise les films commerciaux d’action qui l’utilise comme divertissement. On ne ressort pas insensible et heureux comme après un happy end hollywoodien, on est marqué, on la déteste, on voudrait la fuir.